Adrien Mauroy, Mémoire du siècle, Histoire de Cortil et de Noirmont, Chastre

Cortil et Noirmont : histoire

Cortil-Noirmont
Dans ce vocable, il y a deux noms désignant deux lieux d’habitat différents qui, à une époque relativement récente (XIXème siècle), furent réunis en une seule communauté.
Chacun sait que, jusqu’à la fin du XVIIIème siècle, l’organisation de la vie civile reposait sur l’existence des seigneuries aux limites bien précises et dont le chef, appelé « seigneur » avait autorité sur tous les habitants. Ainsi les Empereurs et les Rois gouvernaient-ils leurs sujets par seigneurs interposés. A une époque où les déplacements étaient lents et pénibles, par des chemins de terre qui n’étaient le plus souvent que des successions de frontières, les problèmes de la vie commune devaient être réglés sur place, par un personnage qui y vivait en permanence : le seigneur du village.
Cortil avait pour seigneur l’Abbé du Monastère bénédictin de Gembloux, tandis que Noirmont était le siège d’une baronnie dont le titulaire vivait dans un château édifié sur les terrains traversés par l’actuelle rue de la Tour.
La gravure d’Harrewijn vous rendra compte de ce qu’étaient ce château et les armoiries de la noble famille de Gallo y Lima qui y habitait. La limite entre les seigneuries de Noirmont et de Cortil était le ruisseau d’Ernage, qui se jette dans l’Orne à proximité du moulin de Noirmont. En 1795, les armées de la Révolution française s’étant emparées de nos provinces, les seigneuries furent abolies et remplacées par des communes dont les limites furent souvent celles des anciennes seigneuries. Ainsi, Cortil et Noirmont furent-elles érigées en communes distinctes, mais la paroisse de Noirmont devint une annexe de celle de Cortil.
Cette situation sera modifiée au cours du XIXème siècle, comme on le verra dans les notes qui suivent.
Celles-ci dues à la plume de l’abbé Pietquin, ont été consignées aux pages libres d’un registre de la Fabrique d’ Eglise de Noirmont, consacré aux procès-verbaux des séances du Conseil.

L’abbé Léopold Pietquin

Originaire de Nivelles, il s’était d’abord orienté vers une carrière pédagogique et avait obtenu un diplôme d’instituteur à l’école normale de Malonne. A ce moment, il songea à la prêtrise et entra au Séminaire.
Ordonné prêtre en 1898, il est d’abord désigné comme professeur à l’Institut St Boniface à Ixelles, puis il occupera divers postes dans le ministère paroissial, notamment à Sart-Dame-Avelines et à Thorembais-les-Beguines. En 1923, il arrive à Noirmont où il restera en fonction jusqu’en novembre 1951, soit pendant 28 ans.
En 1948, la paroisse célèbrera le jubilé de 25 ans de pastorat de son curé à Noirmont, et en même temps le jubilé d’or sacerdotal. Hommage sage et pondéré, esprit penchant volontiers vers l’humour, l’abbé Pietquin était profondément estimé de tous les paroissiens. même les gens qui ne fréquentaient pas l’église lui témoignaient beaucoup de respect et de considération.

Les curés de Noirmont
  • Louis-Joseph Fossé : curé de Cortil-Noirmont en 1837
  • Eugène Ingolos : 1857 - 1887
  • François Hens : 1891 - 1912 
  • Joseph Moureau : 1912 - 1916 
  • Léon Patigny : 1916 - 1923 
  • Léopold Pietquin : 1923 - 1951 (novembre)
  • Joseph Mathot : 1951 - 1964
  • Jean Masson : 1964 - 1974
  • Lucien Goguin : 1974 –
Le curé Léon Patigny, de santé précaire, était parti en pèlerinage à Lourdes. Il mourut au cours de son voyage de retour, sur le quai de Mariembourg, le 23 septembre 1923. Il avait 50 ans. Les circonstances de cette mort impressionnèrent beaucoup les gens de Noirmont.

Le Père Jean Masson , originaire de Izel, avait organisé en août 1974, un camp de vacances dans son village natal, pour la jeunesse de Noirmont. En circulant en voiture dans cette localité, il fut victime d’une collision frontale avec un autre véhicule. Ses funérailles et son inhumation furent célébrées à Izel en présence d’un grand nombre de Noirmontois très émus.
 
Le conseil de Fabrique.

Créé par ordonnance du 20 avril 1837 pour l’église annexe de Noirmont, comprenait à son origine :

1. Le Bourgmestre, Baron de Broux de la Wastinne
2. Le Curé de Cortil-Noirmont, Louis-Joseph Fossé
3. François Delchevalerie
4. Nicolas-Joseph Fossé
5. Xavier Colson
6. Louis André
7. Ghislain Decelle

Banc d’Honneur.

La première mesure du Conseil fut de voter un banc d’Honneur à Monsieur le Bourgmestre, bienfaiteur de l’église-annexe.

La paroisse

Fut rétablie par l’Arrêté Royal du 25 février 1857 et par ordonnance épiscopale du 9 mars 1857.
Les premiers fabriciens de l’église paroissiale de Noirmont furent :

1. Le Bourgmestre, Baron Auguste de Broux de la Wastinne
2. Le Curé de Noirmont, Eugène Ingebos
3. Ghislain Decelle
4. Nicolas-Joseph Fossé
5. Jean-Baptiste Engelbert
6. Joseph Godfrin
7. Louis André

La Kermesse.

Le lundi de la fête, on célèbre à 10 heures une messe solennelle de Requiem, pour les défunts de la paroisse et pour les parents défunts de la paroisse.

Noël.

Le jour de Noël, il y a collectes pour la Sainte Enfance et le soir, il y a une fête dramatique.

Nouvelle année

Le 21 janvier, le Curé invite son Conseil de Fabrique.

Anges.

Le 14 novembre 1924, Madame Jean-Baptiste Burny, née Julie Gillet, a fait don à notre église de deux anges adorateurs.
Retribue, Dominae nobis bona facientibus vitam acternam. Amen. – s. L. Pietquin

Les deux colonnes.

Les deux colonnes en poterie avec cache-pot ont été achetées en mars 1933. les 6 palmiers du grand autel et les quatre petits des autels latéraux, ont été données par Auguste Jacqmain.

Les cloches de Noirmont.

Le Conseil de Fabrique de l’église de Noirmont, réuni en séance de 8 février 1851, Considérant qu’il existe une petite cloche qui a servi à l’église de Noirmont, mais dont l’exiguïté ne permet plus d’en faire usage,
Considérant que la cloche dont on se sert maintenant à l’église de Noirmont est cassée, nécessite de grandes réparations qui seront coûteuses pour la Fabrique, que cela offre une occasion de tirer un bon parti de la petite cloche susmentionnée.
Le Conseil de Fabrique décide que cette petite cloche sera vendue à la commune de Cortil-Noirmont qui demande à en faire l’acquisition pour le prix à en provenir être affecté aux frais de réparation de la grosse cloche.

La petite cloche vendue à la Commune fut placée à l’Ecole communale.

La première cloche donne le « la ». sa hauteur, sans la couronne est de 0,75 m et le diamètre extérieur de 0,90 m. elle pèse environ 500 Kg.

Voici l’inscription :

Me fundit
A.L.J. Van Aerschodt Major, successor a.L. Vandengheyn
l’année est 1854
Leonia. Dominus Leo Paugaert
Eques ordinis Sancti Joannis Hierosobimilani
et Baronissa
Zoé De Brou
Domina de la Wastinenne, conjuges. Anno 1854
Sancte Martina, ora pro nobis.
 

Il y a sur la cloche une guirlande du genre gothique. Plus bas, les armoiries de Léon Paugaert et celles de la Baronne de Brou. Du coté opposé se trouve une figurine représentant un Evêque. Sur le coté, une figurine représentant la Sainte-Vierge et sur le piédestal ces mots :
« Sts Apôtres ».

Cloche « do »                         Bernadette-Julie-Joséphine
 

L’an de N-S 1927, Léopold Pietquin étant curé de Noirmont, je fus fondue par G. Slégers-Causard de Tellin.
Acquise par les souscriptions de tous les paroissiens, j’eus pour parrain Joseph Van Asten et pour marraine Julie Burny-Gillet. St Joseph, priez pour nous. Cette cloche porte l’image du crucifix et celle de St Joseph. Elle pèse 292 Kg et a coûté 8 467 FB. Les principaux donateurs furent :

  • Joseph Van Asten de Helmont : 1 600 BF
  • François Burny : 1 111 FB
  • Thérèse Burny : 1 000 FB
  • Jean-Baptiste Burny-Gillet : 1 000 FB
  • Paul-Casimir Lambert : 1 000 FB
  • Léon Godfrin : 500 FB
  • Louise Pletinckx-André : 500 FB
  • Joseph André : 500 FB ; etc., …

Elle fut baptisée le 6 février 1927 par le R.M. Bourgoys, doyen de Walhain.
Le R.M. Somville, Curé de Mont-St-Guibert, fit le sermon. ( voir Rapport sur l’enlèvement d’une cloche.- )

La statue de St-Eloi.

La statue de St-Eloi fut donnée le 21 novembre 1926 par Monsieur Jean-Baptiste Burny et son épouse Madame Julie Gillet.

La peinture de notre église.

Fut exécutée en janvier 1927 par Paul Dusart de Chastre. Elle coûta 1 736 FB, somme couverte par des dons.

Electricité.

 En 1931, on a placé l’électricité, tant à l’église qu’au presbytère, aux frais de la commune.

Les chaises de l’église.

Le 1er janvier 1933, Monsieur l’abbé Cordier, curé de Marbais a fait don à l’église de Noirmont, de 63 chaises qui étaient dans un grenier des Sœurs. La Crèche.

La Crèche de Noël,

En forme de cabane peinte, fut renouvelée en 1932, pour la fête de Noël. Y travaillèrent, M. Delescaille, charron à St Géry et l’abbé Van Reeth, curé de St Géry.

Objets servant au Culte.

En 1930, le curé Pietquin fait l’inventaire suivant. L’église de Noirmont est propriétaire de deux calices, deux ostensoirs, deux ciboires, des custodes, un banc en chêne et cuir, deux tableaux peints, deux petits reliquaires.
En 1930, Madame Veuve Auguste Fossé fit don à l’église d’un tableau de Notre-Dame du Perpétuel Secours.
En 1942, un troisième ostensoir sera donné à l’église par le couple Declercq-Demanet.
Le 17 juillet 1954, l’Archevêché fera vendre un ostensoir pour la somme de 4 000 BF.
En 1931, le devant de l’autel majeur, Loué soit Jésus-Christ et les devants des deux autels latéraux, Ste Marie, p.p.n. et St Pierre, p.p.n. sont des dons reçus d’Angèle Horgnies.
La tenture de N-D du Perpétuel Secours a été offerte par Madame Constant Horgnies et Madame Charles Balzat, en décembre 1933.
Les deux candélabres modernes à 3 branches ont été donnés par Auguste Jacqmain en avril 1935.

Le monument au Sacré-Cœur.

a été érigé sur terrain appartenant à la paroisse, en bordure de la place de Noirmont. Il a été offert à l’occasion du 10ème anniversaire de la présence du curé Pietquin dans la paroisse. 1923-1933. une souscription parmi les paroissiens et d’autres dons en ont couvert les frais. L’architecte fut Georges Dethy, le maçon Jean-Baptiste Renquet, le manœuvre volontaire Joseph André, le tailleur de pierres Alfred Art, le plafonneur Jules Dewals et le bénisseur Monsieur le Doyen Bourgeois de Walhain. La cérémonie eut lieu le dimanche 10 décembre 1933 et donna lieu à la consécration de la paroisse au Sacré-Cœur. Orateur : Giovanni Hoyois. Présence d’une dizaine de paroissiens. Commentaire personnel : vu la date, il ne devait pas faire très chaud pour assister à une cérémonie en plein air ! En 1980, un bras de la statue sera brisé. On ne saura jamais si cet accident est dû à la chute d’une branche de peuplier ou à l’étourderie d’un garnement. Pierre tombale encastrée dans le mur de la Cure en face de la porte de l’église. In Asperis Robur Dans l’âpre dureté du chêne Hic jacet ici repose R.A.D. Nicolaus Dionisy Révérend Monsieur Nicolas Denis S.T.D.F. et Pastor in Docteur en théologie et Pasteur à Noirmont per 37 Noirmont pendant 37 annos qui devixit ans qui mourut dans la 63ème année aetatis suae 63 die 27 de son age, le 27 Junii 1691 Juin 1691 Requiescat in pace Qu’il repose en paix. Amen Amen Cette pierre tombale pieusement et soigneusement conservée est peut-être le témoin le plus ancien connu de l’existence de la paroisse de Noirmont. Elle fut probablement sauvée lors de la démolition de l’église primitive. Au dessus d’une porte du presbytère est encastrée une pierre de 0,20 x 0,15 qui, aux dires de l’Archéologue Gomand de Wastinnes, indiquerait le domicile d’un Sergent de Justice. La statue de Ste Thérèse. La statue de Ste Thérèse de l’Enfant Jésus, donnée par Auguste Jacqmain, fut inaugurée en grande pompe et au milieu d’un grand concours de monde, le samedi 1er novembre 1924 à 3 heures. ( Cette sainte, morte en 1897, fut béatifiée en 1923 et canonisée en 1925 ). Le monument aux victimes de la guerre. Adossé au chœur de l’église, ce monument fut inauguré le dimanche 23 novembre 1924, au milieu d’une grande foule avec le concours de la Fanfare et d’une Chorale. Séance extraordinaire du Conseil de Fabrique du 25 décembre 1925. Objet : délimitation de la paroisse. Le Conseil de Fabrique : Vu le projet d’annexion à la commune de Chastre de trois maisons sises au lieu-dit : « Le Piroy » ; Attendu qu’il est de tradition constante que la circonscription paroissiale coïncide autant que possible avec la circonscription civile ; Attendu que depuis longtemps les maisons du Piroy appartiennent de fait à la paroisse de Chastre ; Décide qu’il n’y a pas lieu de s’opposer à l’annexion éventuelle de ces maisons à la paroisse de Chastre. Note du copiste : Ce procès-verbal de délibérations est intéressant par le fait qu’il amène à des réflexions d’ordre historique … et technique. Le Piroy est un lieu-dit situé à la limite nord du territoire de Noirmont, à l’endroit où la rivière l’ Orne va entrer sur le territoire de Chastre . On peut se demander pourquoi trois maisons ont été construites à ce endroit, sous dépendance dent situé à 1 600 m de là, alors que le centre de Chastre n’est qu’à 400 m du Piroy. Il faut trouver la réponse dans le fait qu’au Piroy avait été construit le moulin seigneurial de Noirmont. Quand une rivière était exploitable pour fournir de la force motrice, nos ancêtre ne manquaient pas d’y recourir. A ce point de vue, on peut dire que la vallée de l’Orne fut très industrieuse et qu’on y compta un grand nombre de moulins sur tout son parcours. La règle était de construire des moulins le plus loin possible, sur le cours de la rivière, afin de bénéficier d’un bief supérieur d’une capacité maximum de retenue d’eau. Ainsi le moulin de Cortil était-il installé à l’endroit où l’Orne va pénétrer sur le territoire de Noirmont, de même que celui de Noirmont sera au Piroy, à l’entrée de Chastre. Carlier et Wauters – Cortil-sur-Orne. Cortil et Noirmont furent réunis par un arrêté royal du 1er mars 1822. Un arrête royal du 6 septembre 1825 fixe les limites des deux paroisses. Statistique : en 1374, on comptait 43 ménages. Délimitation : la partie méridionale qui va jusqu’au moulin de Cortil inclusivement, forme la paroisse de Cortil. Propriétés : les fabriques d’église de Cortil et de Noirmont possèdent en tout 6 hectares 36 ares. L’église de St-Martin, aujourd’hui de St-Pierre, à Noirmont a toujours fait partie des mêmes circonscriptions que celle de Cortil. … les habitants firent valoir que la fabrique possédait deux hectares et qu’elle pouvait revendiquer, à charge du propriétaire du château, une rente de trois cents florins (l’ancienne compétence) que celui-ci avait jadis donnée, disaient-ils, en échange des biens de la Cure. … n’existe que depuis 80 ans environ … … n’occupe pas le même emplacement que l’ancienne qui se trouvait, paraît-il, plus à l’ouest, dans les jardins de la Cure. (Un ouvrage à retrouver … et à consulter) En juin 1945, la Société de Musique Sainte-Cécile fut reconstituée et recommence à participer aux cérémonies, notamment à nos processions, sous l’énergique impulsion de Gustave Pierre et Georges Dethy. Le 8 septembre 1945 a été placée dans l’église de Noirmont, la statue de Saint Gérard Magella, don d’un Anonyme. Qui est propriétaire de l’église et du presbytère de Noirmont ? Selon une lettre du ministère de la justice, en date du 22 janvier 1847, ces deux bâtiments sont la propriété de la Fabrique d’église. Mais en face de ce texte, une fiche non datée, ni signée, indique que pour le Cadastre, ces deux biens appartiennent à la Commune de Cortil-Noirmont sous la matrice cadastrale n°61 section A n°309. Noirmont pendant la Guerre. 10 mai 1940. Le Curé de la paroisse, dont le Presbytère est sinistré, habite encore, en ce jour d’octobre 1942, dans une maison privée du village, d’abord au n°2 de la rue de la Brasserie, puis au n°6. En 1944, notre village connut de grandes alertes causées par les bombardements alliés sur les gares d’Ottignies et de Gembloux. Mais il n’y eut pas de dommages de guerre graves ni de morts d’hommes. Pendant les derniers jours de l’occupation, une Kommandatuur siégeait chez le Curé. Enfin le, le 5 septembre 1944, vint la délivrance. Sans incident, les Allemands cédèrent la place à nos amis. Peu à peu revinrent nos prisonniers et nos déportés. Un seul mort : le soldat Gaston Delvaux qui fut tué par les Allemands alors qu’il s’était échappé de son camp de prisonnier et fuyait vers la Belgique. Il repose dans notre cimetière et son nom a été donné à une rue de Noirmont. Rapport sur l’enlèvement d’une cloche. Le 20 octobre 1943, une équipe d’ouvriers de la firme Van Campenhout de Haeren, envoyée par l’autorité occupante, est arrivée à l’église de Noirmont. Elle a procédé au démontage de la plus petite des deux cloches, laquelle a été emportée le même jour. Après l’opération, les mêmes ouvriers ont réparé les quelques dégâts causés à la maçonnerie de la tour et au plancher de la salle des cloches. Ils ont remis au Curé un reçu provisoire. Le tout s’est passé sans incident. Revoir la description de la cloche p.4. Restauration du presbytère. Dès 1942, le Conseil de Fabrique se préoccupe de la restauration du presbytère endommagé par faits de guerre. A propos de la cloche enlevée. Après la restauration du Presbytère, le Conseil de Fabrique s’inquiéta d’un autre préjudice subi par l’église de Noirmont par le fait de la guerre : la réquisition de la petite cloche. En séance du 1er janvier 1950, le Conseil de Fabrique décide d ‘entamer les démarches pour l’obtention d’une nouvelle cloche dont le coût sera çà charge du Trésor Public, au titre de dommages de guerre (Loi du 5 juillet 1948). Le 2 juillet 1950, le Conseil de Fabrique examine deux offres de prix pour la fourniture d’une cloche : La firme Michiels de Tournai : 17 200 FB La firme Bauwens-Goossens de Gand : 19 940 FB. La firme Michiels est déclarée adjudicataire. Dans la suite du registre, on ne trouve plus aucune allusion à cette affaire du remplacement de la cloche réquisitionnée … et personne ne se souvient qu’une cloche fut installée et baptisée à Noirmont après la guerre. D’ailleurs, présentement, en 1980, on n’entend jamais sonner qu’une cloche à Noirmont c'est-à-dire « Léonia » qui donne le « la », installée en 1854 et qui eut pour parrain le chevalier Léon Paugaert et pour marraine La baronne Zoé de Brou de la Wastinne. Commentaires et réflexions. Arrivé à cet endroit, le jeune lecteur de ces notes relèvera sans doute la tête d’un air interrogateur et se posera la question : « Pourquoi les Allemands réquisitionnaient-ils les cloches des églises ? que pouvaient-ils bien en faire ? ». Question fort judicieuse, il faut en convenir. Les cloches sont faites d’un alliage métallique, appelé bronze, composé de 78 à 82% de cuivre et de 22 à 18% d’étain. Parfois, on y retrouve quelques parties de zinc et de plomb. Le cuivre et l’étain proviennent de minerais introuvables en Europe. C’est pourquoi, les allemands, au cours des guerres de 1914-1918 et 1939-1945, privés de tout approvisionnement en ces métaux par le blocus maritime de leurs adversaires, cherchèrent à les récupérer hors des objets qui en contenaient, dans les régions soumises à leur occupation militaire. A noter qu’en des temps plus anciens, à l’époque de napoléon, les cloches d’églises furent aussi l’objet des convoitises des envahisseurs, car, à cette époque, les canons se fondaient avec du bronze. Hochant la tête, le jeune lecteur a bien compris ces explications, mais une autre question se pose à lui : « Il semblerait qu’autrefois les cloches tenaient une grande place dans la vie quotidienne de nos ancêtres ! ». Oui ! le son des cloches faisait partie de l’existence de chaque jour et vous allez en comprendre facilement la raison. Je vous ramène en 1926. par la pensée, vous supprimez toutes les automobiles, tant dans les villes que dans les campagnes. Vous bannissez des habitations la radio et la télévision. Le bruit a disparu et l’on peut s’écouter et s’entendre. Dans les villages, quarante pour cent de la population, sinon davantage, est occupée aux travaux des champs, car on ne connaît pas encore la mécanisation à outrance de ces travaux. Ce n’est pas encore l’époque de l’usage intensif de l’huile de pierre, pardon du pétrole. C’est encore l’ère de l’huile de bras et de l’huile de jambes, énergies sans cesse renouvelables et renouvelées. Toute la vie quotidienne est donc concentrée sur le village et, si quelques ouvriers le quittent à l’aube pour aller travailler au dehors, ce n’est pas, et de loin, le phénomène de la migration quotidienne massive que nous connaissons en 1980. Au milieu de tout ce monde rural, cultivateurs et artisans, vivant et travaillant chez eux et pour eux, la cloche égrène ses notes familières. Elle appelle aux offices à l’église, mais elle invite aussi à prier chez soi, matin, midi et soir, pour la sonnerie de l’Angélus. Quand le clocher est muni d’une horloge, la cloche sonne les heures pour la plus grande satisfaction des travailleurs occupés aux champs et qui ne possèdent pas une montre. La cloche est associée aux grandes émotions de la vie des gens : joyeux carillons des baptêmes et des mariages, mais aussi, hélas ! lugubres glas annonçant les décès. Il resterait à dire un mot des fondeurs de cloches. Ceux-ci n’ont jamais été fort nombreux pour une raison évidente : les commandes de cloches sont relativement rares. Ce n’est pas de la production industrielle intensive. Le village de Tellin, en Ardenne, était connu par ses fondeurs de cloches. Le métier de fondeurs de cloches, hautement spécialisé, détenteur de « secrets de fabrication » que l’on se transmettait de père en fils, exigeait un soin minutieux pour le calcul des dimensions et l’exécution de la cloche qui devait donner la note exacte demandée Encore quelques dons octroyés à l’église de Noirmont. En 1936, l’abbé Van Reeth, curé de St-Géry, offre à l’église de Noirmont un poêle « Tamines ». En 1948, à l’occasion du jubilé de l’abbé Pietquin, de nombreux dons seront faits : ∑ Courtine violette par le Comité ∑ Courtine verte par le Comité ∑ Courtine blanche par la famille ∑ Conopeum du Trône et du Tabernacle par Madame Demanet ∑ Couverture d’Ostensoir par Madame Demanet ∑ Coussin peint à la main par Madame Demanet ∑ 3 coussins par Madame Demanet Le 8 décembre 1954, clôture de l’année mariale, Madame Veuve Gomand offre deux magnifiques couronnes pour la statue de la Sainte Vierge, à l’occasion de l’entrée au couvent de Virginal de sa fille Anny. Le 1er mars 1956, trois soutanes rouges d’enfants de chœur seront offertes, deux par Monsieur Piessevaux, une par Madame Veuve Albert Gomand. Le 25 décembre 1956, Emma, veuve de Ghislain Decelle offre un crucifix qui pourra servir au cours des cérémonies du Vendredi-Saint. Pour mémoire, Adrien Mauroy sera sollicité pour entrer au Conseil de Fabrique, le 3 avril 1966, en remplacement de Monsieur Jean Satinet. Pierre tombale adossée au mur de gauche du chœur de l’église de Noirmont. Cette pierre est remarquable par l’ampleur du texte qui y a été gravé et que nous reproduisons ci-après. Elle fait mention de quatre personnages de la famille des barons de Noirmont décédés au cours du XVIIIème siècle. Il fut très probable, mais ce n’est qu’une hypothèse, que cette pierre avait été posée dans l’ancienne église au dessus du caveau mortuaire creusé sous celle-ci. Lors de la démolition de l’église primitive, on aura, à juste titre, sauvé la pierre tombale en la plaçant dans la nouvelle église où nous la voyons actuellement. Selon l’ouvrage « Patrimoine monumental de la Belgique, T. 2 , p.118 », l’église actuelle de Noirmont daterait du derniers tiers du XVIIIème siècle. Les fonds baptismaux dateraient du dernier tiers du XVIIIème siècle. Sous le clocher, on signale des fragments d’une pierre tombale de 1636, en provenance probable de l’ancienne église**. Cette pierre mesure environ 2 m de haut et 1 m de large. CY GISENT Haut, illustre et puissant seigneur Messire Don Léonel, comte de Gallo y Lima de Dion-le-Mont, baron de Noirmont, seigneur de St-Antoine, chambellan de S.A.S. l’Electeur de Bavière, Mareschal de Camp des Armées de S.M.C., Colonel d’un Régiment de Cavalerie, commandant de la ville et forteresse de Mons, y décédé le 9 may 1707, âgé de 40 ans, enteré dans cette église, dans le caveau de ses Ancestres. Hautte, illustre et puissante Dame, Madame Claire-Gabriel, comtesse de Gallo y Salmanca, baronne de Laval, dame de Remaigne, son épouse et cousine germaine, décédée à Namur, le 27-7bre 1747, âgée de 85 ans, enterrée dans cette église. Haut, illustre et puissant seigneur, Messire Léonard-François, comte de Gallo y Lima, de Dion-le-Mont, baron de Noirmont, Laval et Montjardin, Haut-Voué d ‘Evaiche, Seigneur de St-Antoine et Remaigne et leurs fils unique et dernier de cette Illustre Maison, décédé au château de Noirmont le 11 mai 1730, âgé de 23 ans, enteré dans cette église. Requiescant in Pace. Ad perpetuam rêi mémoriam. Hautte, illustre et puissante Dame, Madame Marie Madeleine, comtesse d’Arberg, de Vallengein et du Saint-Empire et née comtesse de Gallo y Lima, de Dion-le-Mont, baronne de Noirmont et de Laval , dame de St-Antoine et Remaigne, devenue unique héritière des biens de cette illustre maison par la mort de son frère susdit, laquelle a décédé à Ruremonde le 28 Février 1748, agée de 49 ans, enterée aux P. Récolet de la ditte ville, au pied du sanctuaire du côté de l’Epitre. Ce pieux monument a esté érigé en 1748 par Haut, illustre et puissant Seigneur, Messire Charles-Antoine, comte d’Arberg, de Vallengein et du St-Empire, Marquis de Tricères, comte de Beaufort, seigneur d’Ahin, St Léonard et Marzennes, chambellant de S.M.I., général de bataille de ses armées et colonel d’un régiment d’infanterie, en reconnaissance et par amour singulier qu’il a toujours eut pour son illustre et chère épouse, sa bienfaitrice que Dieu veuille avoir en gloire. Commentaires et réflexions. L’examen attentif de cette pierre funéraire monumentale amène aux remarques et réflexions suivantes : ∑ quelques fautes d’orthographe, en rouge dans le texte, émaillent ce long texte. Elles st excusables, vu la fatigue qu’a du engendrer chez le graveur un travail aussi long. Nous les avons respectées (pour ma part, je pense que les règles orthographiques de l’époque étaient fort incertaines et ce qui apparaît aujourd’hui comme fautes ne constituait pas nécessairement pas des erreurs à l’époque.-T.M.) ;
  • en regardant les armoiries, vous remarquerez, sur l’écusson de droite, trois coqs qui symbolisent une réalité, mais laquelle ? peut-être pourrait-on avancer une relation entre le nom de famille « Gallo » et le nom latin du coq « Gallus » ;
  • la lignée des barons de Noirmont s’est éteinte au milieu du XVIIIè siècle : l ‘héritier du titre étant décédé sans descendance en 1730, sa mère a survécu jusqu’en 1747 et sa sœur jusqu’en 1748 ; A ce moment, que fut le sort du château et des terres qui en dépendaient ?
  • Certains textes disent que la seigneurie de Noirmont dépendait de celle de Walhain. Peut-être le sire de Walhain reprit-il ses droits sur Noirmont ou bien celui-ci fut-il dévolu à une autre famille ? Questions sans réponses. D’autres bouleversements de grande ampleur n’allaient pas tarder à modifier la société. Cinquante ans plus tard, les armées de la Révolution française envahissaient notre pays et faisaient disparaître l’ancien état des choses ;
  • Regardez maintenant la gravure de Harrewijn pour juger de ce qu’était le château de Noirmont ;
  • Selon le livre « Patrimoine monumental de la Belgique, T. 2 », le château de Noirmont aurait été rasé à la fin du XIXème siècle. Mais Isidore Majoie et Pauline Delvaux, contemporains de cette époque, n’ont jamais parlé de ce qui dut être un événement dans le village.
  • Nonobstant, cette destruction, il subsistera une tour carrée, en briques et pierres blanches, décapitée de sa toiture, située en bordure du chemin conduisant de la place de Noirmont à la ferme Demanet. Cette tour, dite « Tour des Sarrasins », sera abattue en 1971 pour avantager un lotissement résidentiel par l’appât du gain du bourgmestre inculte de l’époque ! Cette ruine n’étant pas classée parmi les monuments historiques, le bulldozer du promoteur immobilier eut beau jeu de l’abattre. Ainsi périt misérablement le dernier vestige du château de Noirmont … et maintenant, les habitants de la « rue Tour »se demandent pourquoi leur rue porte un nom si bizarre ! ** l’origine de la provenance attribuée à l’ancienne église n’est cependant pas certaine.
On peut se demander en effet, si elle ne proviendrait pas plutôt d’une chapelle de l’ancien château comme c’était souvent le cas à l’époque - T.M.

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